J.O. : Dimanche 14 août, marathon féminin avec les triplées Luik

Quand j’appris l’existence de trois soeurs jumelles estoniennes qui rêvaient de participer en trio au marathon des Jeux Olympiques de Rio, je pris contact avec Stella Täht, la responsable des relations publiques du Marathon de Tallin. Nous nous y étions rencontrés en 2013 lors de ma participation à ce marathon. (Vous en trouverez un compte-rendu parmi les près de 300 articles publiés sur ce site.) Stella me communiqua une adresse gmail pour le trio et un lien vers le blog où les trois soeurs relataient leurs faits et gestes.

Les courriels suscitant plus de questions que de réponses de la part des trois soeurs, l’on décida de commun accord qu’elles enverraient quelques photos et que l’article sur elles s’inspirerait de leur blog (rédigé en estonien, bien sûr, une langue s’apparentant au finnois – l’ignoriez-vous ? -, lui-même d’origine ouralienne, héritage des migrations trans-européennes d’il y a quelques millénaires). Bref, c’est non sans mérite que Marathonien de coeur et d’esprit vous présentait les trois soeurs Luik en décembre dernier.

Encore leur fallait-il se qualifier pour les Jeux Olympiques ! La fédération d’athlétisme estonienne ayant adopté sans y déroger les critères du Comité international olympique (c’est à dire courir un marathon en 2 h 45 dans la période du 1er janvier 2015 au 11 juillet 2016) et aucune concurrence ne s’étant manifestée au niveau des trois soeurs dans ce pays de 1,3 million d’habitants, la première à remplir les critères olympiques avait été Liina, 27e du marathon aux championnats du monde à Pékin le 30 août 2015 en 2:39:42. L’avait suivie Lily, 17e du Marathon de Valence, le 15 novembre 2015, en 2:40:30.

Restait Leila, qui, après s’être annoncée à Houston en janvier au sortir d’un stage au Kenya, finit par réussir le minimum olympique au Marathon de Hambourg qu’elle termina 16e en 2:42:11, le 17 avril 2016. Alors que Liina et Lily coururent un record personnel pour se qualifier, Leila resta loin au-dessus de sa meilleure performance (2:37:11), réalisée avant la période de qualification pour Rio. (Le record olympique est détenu depuis les Jeux de Londres en 2012 par l’Ethiopienne Tiki Gelana en 2:23:07. Le record national d’Estonie – 2:27:04 – date de 1997. Il est au nom de Jane Salumae, une ancienne lauréate des marathons de Rome, Vienne et Los Angeles.)

Depuis que la sélection des triplées Luik en vue du marathon olympique est devenue un fait, unique dans l’histoire des J.O., le blog rudimentaire sur lequel le trio racontait ses péripéties et partageait ses impressions a disparu et a été remplacé par une page professionnelle conçue par une agence de communication, la presse, française, anglaise, américaine et internationale, s’est saisie de l’affaire, l’histoire cède le pas – la foulée, devrait-on écrire – à la légende.

« Nous sommes nées d’un mois prématurément, ne pesions guère plus de 2 kg et avons passé les premières semaines de notre existence à l’hôpital dans l’unité des soins intensifs. Nous avons dû nous battre pour survivre et en avons conservé cet esprit de battantes », confiait le trio dans une interview accordée au New York Times le mois dernier à Tartu (Estonie). « En outre, le fait de courir à trois nous procure une énergie incomparable – aucune de nous trois ne veut terminer la dernière ! »

A Rio, les soeurs Luik, aujourd’hui âgées de 30 ans, envisagent de vivre l’événement majeur de leur carrière sportive à l’unisson, triplées identiques pour une performance identique, en se relayant et en se protégeant au besoin l’une l’autre du vent s’il y en a. Mais, le déroulement d’un marathon reste imprévisible, ainsi que la nature humaine, un même patrimoine génétique fût-il partagé entre trois individus. Liina, la plus en forme des trois soeurs, reconnaît que son coeur et son esprit de marathonienne balancent entre l’affection fraternelle et la performance sportive. « Si je me sens capable de battre mon record personnel, il est possible que je joue mon va-tout – en solo. » Quoi qu’il en advienne, vous n’éprouverez pas de difficulté à repérer les membres du trio dans le peloton. Bien qu’elles avouent être à l’origine « brunes comme des patates », les soeurs Luik, fidèles à leur image de marque, arboreront à Rio leur éclatante chevelure couleur des blés en plein été, d’un blond 100% décoloré. (Photos : “Trio pour Rio”)

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Posté dans Dépassement de soi

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