20 Km de Bruxelles 2018 : chaud, chaud les marrons !

Comme le fit remarquer, après l’arrivée, une aimable concurrente qui, en délicatesse de cartilage, s’était contentée d’en courir les 15 premiers puis de prendre le métro à Delta pour rejoindre ses amis au Cinquantenaire, les 20 Km de Bruxelles servent chaque année de test pour comparer les forces des uns et des autres et se jauger par rapport aux autres, tous joggeurs devant l’éternel. C’est « LA » course de l’année, il faut absolument en être pour exister, même le Premier ministre (présent au départ, mais pas comme coureur) semble en convenir, il faut y faire un temps, un classement, un quelque chose.

A défaut d’un marathon national digne des plus grands marathons populaires qui ont lieu à l’étranger (Berlin, Paris, Rome, noem maar op…), c’est aux 20 Km de Bruxelles que tout joggeur belge doit se faire voir ou, sinon, il peut aller se faire voir. L’on s’étonne, presque, qu’Alexandra Tondeur, qui dès son plus jeune âge courait déjà beaucoup plus vite que la plupart de ses aînées dans les vallées du Brabant Wallon, ait attendu aussi longtemps pour se montrer dans cette course phare de la saison belge pedibus sur route. Personne ne doutait que cette ironwoman y brillerait. C’est fait : victoire, dimanche, par une météo hawaïenne, en 1:14:38 (37:11 à la mi-parcours), 16,40 km/h, 72e au scratch.

Et, comme l’eût dit Jean-Luc Fonck, s’il avait fait du footing au lieu de faire du Sttellla, « il fallait le faire, c’est pour ça qu’on l’a fait, tu vois, dis, tu vois? » C’est tout vu. Dimanche, quoi que ceux qui n’ont pas couru en aient dit, il faisait pétant de chaud (fallait-il mettre des points de suspension après le « p » ?), il faisait « douf » comme on dit encore parfois à Bruxelles, et plus d’un et d’une après les tunnels de l’avenue Louise se sont sentis transportés sur une autre planète, voire dans une tente de secouristes pour y retrouver le fil de leurs idées et, par la suite, courageusement reprendre le cours des choses là où il s’était subitement interrompu.

C’est même l’aspect primordial qu’ont retenu de ces 20 Km de Bruxelles ces médias toujours friands de catastrophisme qui titrèrent leur compte-rendu de la course du nombre d’interventions médicales qui y furent requises (environ 550 « soins » et 15 évacuations). Mais la palme d’or de la zieverderaa revient aux zievertotjes commis au reportage en direct sur la télé régionale. Parmi d’autres zwanzes : au départ, lorsque retentit le coup de canon, ils crurent entendre un coup de tonnerre et n’hésitèrent pas à signaler l’arrivée d’un orage, et, à l’arrivée, de la première femme, ils dirent et répétèrent qu’il s’agissait d’une certaine Alexandra Toqueur. Ces docs tocs de l’info s’offusqueraient-ils de ce qu’on les qualifiât gentiment de tocards ?

Finissons-en sur une note optimiste que tous ces braves gens bien intentionnés des médias (« tous champions, des premiers aux derniers » et bla-bla-bla) ont omis de relever. Raymond Rasquin, que l’on n’avait plus aperçu ces derniers mois sur les challenges de jogging (Brabant Wallon, Delhalle), a vaillamment terminé ses 39es 20 Km de Bruxelles, à 90 ans, en 3:36:22 (1:49:32 au passage des 10 km). Tous champions, c’est sûr, mais certains ne le sont-ils pas plus que d’autres ?

Elections législatives obligent, oyé, oyé, la date des prochains 20 Km de Bruxelles sera avancée au dimanche 19 mai 2019. Les résultats complets de l’édition 2018 sont disponibles sur le site depuis dimanche. (Photo : Pascal Vaudoisey)

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Posté dans Dépassement de soi

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