Challenge Delhalle 2016 : Inexorable Printanière

Parmi les dizaines de livres que l’écrivain et aventurier russophile français Sylvain Tesson avait emportés dans les forêts de Sibérie où il s’isola du monde habité pendant six mois, figurait le Traité du désespoir de Søren Kierkegaard. D’après ce dernier, écrit Tesson dans le livre qu’il tira de son aventure sibérienne, « l’homme connaît trois âges : celui de la jouissance esthétique et donjuanesque, celui du doute faustien, celui du désespoir. Il faudrait ajouter l’âge du repli dans les bois comme juste conclusion tirée des trois premiers temps. »

La Printanière vous fait visiter ces âges d’un seul trait, fût-il hésitant et louvoyant. Sur les premiers kilomètres, pendant les traversées de Géronsart et du Bois Brûlé, vous avez toute liberté de jouir de l’esthétique des foulées chaloupées de vos voisins ou voisines et de tester sur eux vos aptitudes donjuanesques. Viennent le passage limoneux sous le pont du chemin de fer à la fin du quatrième puis les ravines du Bois du Duva, après la grande montée de la Petite Comogne et le ravitaillement du 6e km, et le doute s’installe. Suivent, une fois traversée la nationale à Dave, la dégringolade tout schuss qui vous précipite dans les Fonds de Dave et les portions de deux fois 15 mètres (selon les organisateurs ; quelques centaines de mètres selon des joggeurs moins sensibles aux endomorphines) de boue et glisse garanties qui vous plongent dans le désespoir, à moins que vous n’aimiez ça et le ska en plus du ski, auquel cas c’est du sheer Madness : Welcome to the House of Fun – It’s quicker if you run… Et, enfin, arrive la rédemption avec le retour dans les bois au bout de la longue descente jusqu’au pont du chemin de fer et le bonheur dans le pré précédant la délivrance.

Le printemps est inexorable, écrivit le poète chilien Pablo Neruda. La Printanière aussi. Constitue-t-elle une antinomie au sens kantien qui y verrait un élément transcendantal contredisant la cosmologie ? D’après le dictionnaire, l’adjectif féminin « printanière » signifie fraîche, gaie, vive : comment la Printanière eût-elle pu ne pas l’être avec la pluie qui ne cessa de l’arroser et les 1465 joggeurs qui s’y présentèrent au départ ?

Et, à n’en pas douter, c’est pleins de gaieté fraîche et vive que Benoît Paques (54:13), Raphaël Durviaux (55:36) et Jérôme Philippe (56:29) bouclèrent l’exercice, en moins d’une heure, ainsi qu’un quart d’heure plus tard, les trois premières femmes, Virginie Vandroogenbroeck 1:09:06), Virginie Soenen (1:09:32) et Sophie Fourgeaux 1:10:03), ces deux dernières au coude à coude sur une grande partie de la course.

La prochaine manche du Challenge Delhalle aura lieu à Bousval, le dimanche 6 mars 2016 à 15 heures. Nouveauté : trois distances seront au programme de la journée : 5 – 10 – 15 km.

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