31. Internationaler Trierer Stadtlauf – Trèves, Allemagne (29.06.2014)

A chaque fois que je m’étais rendu dans la vallée de la Moselle pour faire provision du succulent riesling qui est produit au confluent de la Moselle, de la Sarre et de la Ruwer, les coteaux pentus et couverts d’ardoise sur lesquels pousse la vigne étaient baignés de soleil. Se reflétant dans les eaux des rivières et s’imprégnant dans l’ardoise qui en conserve la chaleur, le soleil joue un rôle essentiel dans la renommée internationale de cette région viticole allemande. L’on en oublierait presque que la vigne s’arrose et d’eau, dans la vallée de la Moselle, la vigne ne manque pas ! La pluviosité y serait la norme. Dimanche, pour la 31e édition de l’Internationaler Trierer Stadtlauf, de gros nuages noirs s’étaient agglutinés à perte de vue dans la vallée et l’on n’échappa pas à la pluie. L’hôtel qui invitait ses clients à regarder la Coupe du Monde sur un écran à LED de 3 x 1,8 mètres dans son patio « méditerranéen » (cela ne s’invente pas!) en fut pour ses frais.

De Belgique, l’on rejoint Trèves de préférence via Luxembourg. Les deux villes sont distantes d’une soixantaine de kilomètres par la route. Que les Luxembourgeois aient apparemment décidé de réparer leurs routes la veille de l’Internationaler Trierer Stadtlauf (à moins qu’ils ne les aient encombrées pour fêter l’accession d’un des leurs à la tête de la Commission européenne, ou que ce soient les départs en vacances ou les camions à l’arrêt forcé au bord des routes?) n’ajouta rien à l’agrément d’un voyage accompli samedi sous une pluie drue et continue qui n’augurait rien de bon pour le lendemain. La traversée du Grand Duché prit deux heures à faire du stop and go dans les bouchons alors qu’en temps normal, comme ledit duché n’est tout de même pas si grand que ça, une trentaine de minutes eussent dû suffire…

Trèves trouve ses origines romaines quelques années avant notre ère et elle est la plus ancienne ville d’Allemagne. Ce sont les Romains qui lui ont apporté la viticulture. Comme il était trop onéreux d’y abreuver leurs garnisons de vin transporté à partir de Rome, ils plantèrent et cultivèrent la vigne sur place. Les Romains lui ont aussi légué son principal symbole, la Porta Nigra, une partie de l’enceinte de cette place-forte qui servait de défense contre les Barbares. Que la porte soit devenue noire, elle ne le doit par contre pas aux Romains mais à la pollution moderne. C’est dans le cadre de l’Altstadtfest, des festivités de trois jours dans la vieille ville devenue piétonnière et parsemée pour l’occasion de kiosques et de podiums autour desquels l’on boit, l’on mange et l’on écoute les musiques du monde, que se déroulait l’Internationaler Trierer Stadtlauf.

Je ne vous ferai pas l’injure, même aux plus incultes, de traduire « Stadtlauf ». N’allez pas imaginer qu’il s’agissait de franchir la Moselle par le pont que les Romains ont construit et qui est le plus ancien d’Allemagne encore debout, d’en longer les berges et d’en escalader les versants. Le semi-marathon (800 inscrits) consistait en un double tour dans la ville, la vieille et surtout la nouvelle, sur un tracé essentiellement plat, propice à l’amélioration de votre meilleur chrono sur semi-marathon si la chose vous branchait, la distance étant mesurée avec exactitude et les temps, relevés par puce électronique. Figuraient aussi au programme un 10 km qui avait attiré 1200 coureurs, un jogging sur 5,4 km et des courses pour jeunes (1,6 km) et bambins (400 mètres).

Que la pluie ait quelque peu gâcher le plaisir de courir de votre auteur marathonien favori, ceux qui ont lu le livre Marathonien de coeur et d’esprit et, en particulier, le chapitre 4 sur ce Marathon de Berlin 2010 particulièrement arrosé, s’en douteront. Quand vos chaussures, de flaque en flaque, n’arrêtent plus de faire des splotchs splotchs, vous vous demandez si le jogging n’est finalement pas une activité absurde dont le seul mérite est de permettre à ceux qui le pratiquent de s’accommoder de l’absurdité encore plus grande du monde.

A condition que la météo se montre clémente et que le réseau routier du Grand Duché ne soit pas surchargé, cet Internationaler Trierer Stadtlauf dont l’organisation est irréprochable à tous égards constitue toutefois une belle occasion de dépaysement dans une ville de quelque 100.000 habitants, riche de culture et de viticulture, en principe facile d’accès et convenant à tous les budgets et à un déplacement convivial de club.

Huit Belges étaient attendus au départ du semi-marathon. Leurs résultats complèteront cet article dès qu’ils auront été communiqués.

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