Le semi-marathon de Saint-Léger, patronné par les Allures Libres de Gaume (20.07.2013)

« Un pâté et un Orval, et l’on peut tenir le carême ! » dit-on, paraît-il, à Saint-Léger, une commune située dans la partie la plus méridionale de la Belgique, à moins d’une dizaine de kilomètres, à vol d’oiseau, de la frontière française (cette précision à l’intention d’une Tintignolaise un peu désorientée). Samedi, au terme du semi-marathon de Saint-Léger, si l’Orval était bien présent (eût-il pu en être autrement?), le pâté gaumais (une tourte à base de viande de porc marinée) avait cédé la place au pain-saucisse mayonnaise-ketchup et au hamburger décongelé oignons frits. Le semi-marathon de Saint-Léger lui-même, patronné par les Allures Libres de Gaume, s’avérait par contre 100% terroir. Il se parcourut presque entièrement à travers bois et champs, ce que la topologie de cette commune de trois mille quatre cents habitants, couverte sur plus d’une moitié de bois et sur un tiers de surfaces agricoles, laissait présager.

Partant du Lac de Conchibois, distingué d’un label bleu pour la pureté de ses eaux qui autorise de s’y baigner et doté d’une infrastructure de loisirs, le semi-marathon de Saint-Léger passait par plusieurs sites remarquables de la commune, Croix de la Cloutière, hussard sur le hêtre, voie des Bourriques, crons de la vallée de la Rouge-Eau, fourneau David, RAVeL Saint-Léger-Châtillon, lavoir-tunnel. Il avait attiré 130 concurrents (près d’une centaine de participants avaient préféré la distance de 5,6 km).

Un dénivelé positif de 370 mètres agrémentait ce semi-marathon de Saint-Léger dont la principale difficulté se situait au dix-septième kilomètre, une montée d’un kilomètre et d’une pente moyenne de 7,5%. Le parcours n’en restait pas moins « roulant ». Néanmoins, à l’arrivée, l’on ne reconnaissait plus ses baskets, ni même ses pieds après s’être déchaussé, tant était diverse la nature du sol et profonde la portion de terre poussiéreuse qui, sur plusieurs centaines de mètres dans une clairière, succéda aux sentiers boisés, chemins agricoles, voies empierrées séculaires et courtes liaisons sur tarmac.

Comment supporter les fortes chaleurs ? Dans Le Figaro, Pauline Fréour rappelait ces conseils : rester au frais (limiter les sorties entre 11 et 21 heures à moins que l’on ne se rende dans un espace public climatisé), réduire son rythme d’activités (éviter les activités extérieures nécessitant une dépense d’énergie importante), s’hydrater. Les organisateurs avaient judicieusement programmé le départ de leur épreuve à 19 heures, ce qui permettait de jouir d’une certaine fraicheur, et ils avaient prévu six ravitaillements bien pourvus en eau et certains en fruits. Eût-on préféré des morceaux de pastèques (plus riches en eau) aux quartiers d’oranges et de bananes et de la Valvert (l’eau minérale naturelle en provenance de la commune voisine d’Etalle) au lieu de l’eau courante, il serait malvenu de formuler le moindre reproche à l’égard des organisateurs sur le plan de l’hydratation des participants.

Quant à la décision de prendre part ou non à une compétition à l’extérieur par une température enfin estivale, elle appartenait à chacun, même à une époque où l’on a pris l’habitude de se défausser de ses propres initiatives et responsabilités sur le dos de quelqu’un d’autre. Si l’on en juge par la statistiques, la canicule toute relative de cet été tardif et radieux avait apparemment incité une centaine de concurrents à s’abstenir, ce qui est dommage pour les organisateurs, Philippe Lempereur en particulier, dont les efforts sont les mêmes et méritoires (parcours plein d’intérêt et bien balisé, ravitaillements etc.) que ce soit pour quelque 200 partants ou pour cent de plus. En outre, un semi-marathon reste un semi-marathon et il est réservé à ceux et celles dont un entraînement régulier et sérieux permet d’en affronter la distance et la durée. Cela n’a pas grand-chose à voir avec des courses se disputant sur la moitié de la distance, a fortiori si ces dernières entrent directement en ligne de compte pour un challenge, comme c’est le cas des 32 courses « officielles » des Allures Libres de Gaume qui attirent en moyenne plus de 500 participants, preuve s’il en est du sain esprit sportif régnant dans la région.

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Posté dans Accomplissement de soi

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