Maratona di Pisa – Marathon de Pise – 14ème édition (16.12.2012)

Piazza dei Miracoli

Quand vous partez au travail le matin et qu’il fait encore nuit et quand vous rentrez du travail le soir et qu’il fait déjà nuit, cela ne laisse guère de place à l’euphorie, encore moins si vous êtes un aimable joggeur qui ne peut se livrer à son hobby qu’aux lueurs livides de l’éclairage public et du trafic automobile, dans les rues ou le long des routes. C’est ainsi que surgit l’idée d’un marathon ensoleillé, un dernier avant de sombrer dans la tristesse et le désespoir, puisque la fin du monde est programmée pour ce vendredi 21 décembre 2012. C’est dans tout cela qu’intervient le Marathon de Pise.

Le long de l'Arno

Les origines de Pise sont attribuées aux Etrusques et remontent à cinq siècles avant notre ère. Au bord de la mer Tyrrhénienne, cette ancienne république maritime indépendante a joué un rôle naval et commercial important entre Gênes et Ostie, le port de la Rome Antique, et développé des relations avec Marseille et les ports espagnols également situés sur la grande bleue. A califourchon sur le fleuve Arno, Pise s’est éloignée de la mer et reste aujourd’hui une ville de moins de 100.000 habitants, surtout connue pour sa tour penchée en marbre blanc, où Galilée, dont Pise fut la ville natale, mena son expérience sur la chute des corps.

Piazza dei Cavalieri

D’autres bâtiments comme la basilique et le baptistère jouxtant la tour, le palais sur la Piazza dei Cavalieri, le Palazzo Blu (qui abrite, jusqu’au 3 février 2013, une exposition Vassily Kandinsky, après avoir déjà rendu hommage à Chagall, Miró et Picasso) ainsi que la gastronomie locale font de Pise une ville qui mérite le voyage, surtout à 44 €, tout compris, l’aller-retour à partir de Charleroi. C’est ce qui permet à l’auteur de ces lignes de vous proposer son livre Marathonien de coeur et d’esprit pour la modique somme de 12,50 €, aussi tout compris, frais d’envoi à l’adresse de votre choix, road book sur neuf marathons européens, quelques tuyaux pratiques et une dose de réflexion pour ne pas courir complètement idiot (double-cliquez ici pour commander).

Palazzo Blu avec l'exposition Kandinsky

Avec moins de 100.000 habitants (ou le double si l’on y ajoute la banlieue), la zone de chalandise domestique du Marathon de Pise n’est pas comparable à celle du Marathon de Rome (17.03.2013) ou du Marathon de Milan (07.04.2013), ni même à celle du Marathon de Florence (le dernier dimanche de novembre), Florence étant éloignée de Pise d’une heure en train. Les organisateurs pisans s’étaient pourtant montrés optimistes en déclarant urbi et orbi que les inscriptions pour le marathon seraient clôturées dès que le quota de 3.000 inscrits serait atteint. Au bout du compte, 1540 dossards de marathonien trouvèrent preneurs et le dossard 1540 échut à Marathonien de coeur et d’esprit, inscrit une demi-heure avant la clôture des inscriptions sur Internet, une semaine avant le jour J. Toutefois, pas moins de quatre autres épreuves dont un semi-marathon et un tiers de marathon figuraient au programme de la journée et beaucoup de coureurs régionaux avaient préféré les distances plus courtes.

Délégués français du Père Noël

Miracle des vols à bas prix, le Marathon de Pise avait attiré une belle participation étrangère en provenance notamment de France, de Belgique, de Grande-Bretagne, de Hongrie, d’Allemagne, de Pologne, du Danemark, de Suède, de Finlande, d’Estonie, de Croatie, de Grèce, d’Australie, etc. Il y avait aussi une Américaine originaire d’Atlanta et des coureurs aux couleurs de la République de Saint-Marin. Comme le soulignait le maire de Pise dans son message aux participants, le caractère international de la manifestation est indiscutable et en constitue désormais un trait caractéristique. L’aéroport international de Pise, baptisé Galileo Galilei, qui se positionne comme une porte d’entrée privilégiée en Toscane avec des liaisons ferroviaires fréquentes vers Florence, n’y est évidemment pas étranger.

La semaine précédant le marathon, l’on surveilla attentivement la météo pour adapter l’équipement car y a-t-il rien de plus désagréable pour un coureur que de courir un marathon sous les averses ? A l’approche de Pise, un vent soutenu, de gros nuages et une pluie abondante plongèrent d’ailleurs le vol de Charleroi dans de telles turbulences que, en l’absence de sickness bags, un jeune passager se mit à arroser la cabine de son petit-déjeuner. Heureusement, le jet ne fut pas assez puissant pour survoler trois rangées de sièges…

Alors que l’on pouvait donc craindre une météo pénible comme ce fut à nouveau le cas le lundi pour la partie professionnelle du déplacement à Florence, le dimanche fut miraculeusement baigné de soleil (température de 15° C environ) et épargné par le vent. Sans doute n’était-ce pas un hasard puisque le marathon avait, au départ et à l’arrivée, pour théâtre grandiose, la Piazza dei Miracoli. Si l’arrivée était jugée sur la place elle-même, le départ fut donné dans une rue adjacente que l’on descendait jusqu’au bord de l’Arno. Les premiers kilomètres comportaient un aller-retour le long du fleuve, d’abord sur une rive puis sur l’autre. Par la suite, l’on s’éloignait de la ville et l’on s’enfonçait dans l’arrière pays verdoyant pour rejoindre le littoral à Tirrenia où était posé le tapis chronométrique de la mi-course. La côte était longée jusqu’à Marina di Pisa où le parcours bifurquait à droite pour remonter le cours de l’Arno, sans l’apercevoir, jusqu’à Pise.

Service souriant à l'Osteria dei Cavalieri

Le retour sur une nationale mise à sens unique pour l’occasion parut long. Souvent, les coureurs remontés s’arrêtaient de courir et se mettaient à marcher, vous obligeant à courir seul. Le Marathon de Pise en est un à courir entre amis, sans obsession de la performance chronométrique (d’autant moins qu’il n’y a qu’une seule prise de temps intermédiaire), en faisant précéder la partie sportive d’une visite culturelle et gastronomique de la ville. Cioran n’écrivait-il pas, « l’intérêt que nous portons au Temps émane d’un snobisme de l’Irréparable » ?

Le Marathon de Pise 2012 fut remporté par le Kényan Jason Lokwatom, 28 ans, qui établit dimanche son record personnel sur marathon en 2 h 19 min 45 s. Chez les femmes, Claudia Dardini, une Italienne qui fêtera son quarante-quatrième anniversaire le mois prochain, s’imposa en 2 h 43 min 11 s (meilleure performance personnelle sur marathon en 2 h 41 min 26 s à Livourne, en 2008).

Tous les arrivants du Marathon de Pise reçurent une médaille décorée de motifs maya. Aimable facétie du comité organisateur en guise de, pour citer son Président, « Grazie per aver scelto Pisa per l’ultima maratona prima della fine del mondo… » !

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Posté dans Accomplissement de soi

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