Le 4e Marathon de Malaga (08.12.2013)

Tú pones las zapatillas, yo mis calles ! Il a fallu enfiler tôt ses « baskets » de marathonien avant de pouvoir les déposer sur l’asphalte, le béton et les pavés du Marathon de Malaga pour cette visite du littoral et des hauts lieux de la deuxième plus grande ville (près de 600.000 habitants) d’Andalousie (la première étant Séville, dont le prochain marathon aura lieu le 23 février 2014, mais est déjà sold-out).

C’est que le vol du samedi de la compagnie with the lowest fares and the best on-time record au départ de Charleroi atterrissait à Malaga une heure à peine avant la fermeture des guichets de remise des dossards. En outre, à l’arrivée du vol, à 19 heures, le bureau d’informations dans l’aérogare était déjà fermé et personne ne semblait savoir que le Marathon de Malaga se déroulerait le lendemain ni, à vrai dire, n’en avoir cure. D’autres concurrents étrangers rapportèrent avoir fait la tournée des stades de Malaga, à grand renfort de coûteuses courses en taxi (le weekend, les taxis de Malaga vous facturent un forfait quelle que soit la distance parcourue), faute d’informations suffisantes quant à l’endroit exact où les dossards étaient remis. Même une fois devant le stade, les indications quant à la direction à suivre faisaient défaut. Faire un contre-la-montre autour de l’enceinte d’un stade avec une valise à la main dans l’obscurité n’est pas une sinécure. Pourquoi ne remettrait-on pas les dossards dans l’aérogare même comme à Pise, sous tente près de l’aire de départ et d’arrivée comme à Tallin et à Limassol, voire même dans un hôtel du centre-ville plutôt que d’envoyer les participants dans un stade éloigné, isolé et désert? (Cela vaut aussi pour les douches: combien de concurrents retournèrent-ils après le marathon au stade en question pour s’y rafraichir? Certains utilisèrent celles sur la plage.)

Les organisateurs du Marathon de Malaga s’enorgueillirent de ce que la participation étrangère à cette 4e édition avait été triplée par rapport à la précédente (314 coureurs, parmi lesquels Royaume-Uni, Allemagne, Italie, France étaient les mieux représentés, sur un total de près de 2.000 inscrits). Il faudra encore améliorer l’accueil des athlètes étrangers en prévoyant une personne de contact qui parle couramment l’anglais au secrétariat ainsi qu’un point d’accueil dans l’aérogare pour assurer au Marathon de Malaga (reconnu par la Fédération espagnole d’athlétisme et par l’AIMS, l’association internationale des marathons et des courses sur longue distance) le retentissement international que méritent une destination gratifiée d’un beau et chaleureux soleil en plein mois de décembre et une manifestation qui, pour le reste, se déroula sans hiatus.

Le départ et l’arrivée eurent lieu en plein centre, en bord de Mer Méditerranée, dans la palmeraie de las Sorpresas de Muelle Uno. Le parcours avait été remodelé pour cette 4e édition. Il présentait une altimétrie pratiquement plane et commençait par une courte visite du port, suivie d’un aller-retour de dix kilomètres le long du littoral et d’arabesques dans la vieille ville et l’intérieur des terres où se situait la mi-parcours. L’on enchaîna avec une portion plus industrielle jusqu’à ce que l’on contournât, du 32e au 37e kilomètre, le stade que l’on avait cherché la veille et de multiples rotondes. A ce stade (c’est le cas de le dire), le temps eût pu paraître long pour ce dixième marathon de l’année et 46e au total, si n’avait été la compagnie d’une encore fort jeune concurrente américaine qui courait son premier marathon avec une louable abnégation (« Yo soy yo y mi circunstancia », eût dit le philosophe et sociologue espagnol José Ortega y Gasset). A partir du 38e kilomètre, l’on rejoignit le littoral avec pour fond d’écran une Méditerranée radieuse et en point de mire les ferries amarrés dans le port.

L’on courut avec une puce électronique incorporée dans le dossard et les temps intermédiaires se prenaient tous les cinq kilomètres ainsi qu’à la mi-course. (Le chronométrage connut quelques ratés puisque certains temps intermédiaires ne furent apparemment pas relevés et le temps net officiel était d’environ deux minutes supérieur à la réalité.) Des bénévoles mobilisés en grand nombre pourvoyaient aux ravitaillements en eau, boisson isotonique et fruits tous les cinq kilomètres avec des ravitaillements intermédiaires en eau tous les 2,5 km. Sans être nombreux, le public était présent tout au long du parcours. Ce dernier n’était malheureusement pas libre de tout trafic et certains conducteurs manifestèrent par des concerts de klaxons leur impatience de voir s’égrainer le peloton alors qu’eux-mêmes étaient enfermés dans les embouteillages. Quelques ensembles égayèrent aussi de vraie musique la troupe des marathoniens mais l’on restait loin de l’ambiance régnant au Marathon de Valence. Dès avant la course, les coureurs reçurent un premier T-shirt dont certains se parèrent pour courir, et, par après, un second T-shirt de finisher, blanc aux marques joliment bigarrées s’ajoutait à la médaille commémorative. Les premiers à recevoir leurs T-shirts de finishers étaient Ethiopiens, Wibushet Girum vainqueur en 2:16:52 devant le Marocain Abdelhadi El Mouaziz (2:22:04) chez les hommes, Beshadu Bekele Bedane en 2:44:22 chez les femmes.

Au nombre de finishers précisément, le Marathon de Malaga se classait, avant sa 4e édition, en neuvième position des marathons espagnols, les quatre premières places étant occupées par les marathons de Barcelone, Madrid, Valence et Séville. Pour les marathons de Barcelone et Madrid, l’on se permet de vous renvoyer au livre Marathonien de coeur et d’esprit, pour le Marathon de Valence, à l’article que ce blog lui a consacré. Quant au Marathon de Séville, il aura donc lieu le 23 février 2014 mais sans vous, à moins que vous ne vous y soyez déjà inscrit, les inscriptions étant clôturées depuis la fin du mois dernier.

Le Marathon de Malaga obtient avec « distinction » un score de 72/100 dans l’échelle d’appréciation de Marathonien de coeur et d’esprit. Il récolte un 13/20 pour son organisation, un 12/20 pour son ambiance populaire et musicale, un 14/20 pour son parcours qui, quoique plat, manque de caractère scénique sur une grande partie de sa seconde moitié, un 15/20 pour son accessibilité par compagnie aérienne à bas prix et un 18/20 pour l’intérêt de la destination. Pour qui aime les produits de la mer, la gastronomie locale, arrosée de Rueda ou de vin d’Andalousie, déborde de saveurs; en outre la ville était parée de ses atours festifs de fin d’année et les rues du centre regorgeaient de monde en quête d’emplettes, de pâtisseries ou de tapas; enfin, il y a la cathédrale et les musées, celui consacré à Pablo Picasso qui naquit à Malaga et le Carmen Thyssen qui abrite actuellement une exposition de grands impressionnistes. Et, pour conclure, citons à nouveau Ortega y Gasset :  » La vida cobra sentido cuando se hace de ella una aspiración a no renunciar a nada « .

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Posté dans Accomplissement de soi

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