14e Königsschlösser Romantik Marathon à Füssen (Allemagne – 20.07.2014)

Wilkommen im Freistaat Bayern ! Bienvenue dans l’Etat libre de Bavière! C’est par cet écriteau que la Bavière, quintessence de la réussite économique et sociale allemande (l’une ne va pas sans l’autre), vous accueille sur l’A7 qui descend de Ulm vers les Alpes orientales septentrionales et l’Autriche et vous emmène dans l’une des plus belles parties de l’Allemagne. Et, comme le vantent les organisateurs du Königsschlösser Romantik Marathon, n’est-il pas plus amusant de courir un marathon là où d’autres passent leurs vacances ?

Le Königsschlösser Romantik Marathon faisait partie du Füssener Laufwochenende, week-end de course à pied qui débuta le samedi par des courses pour enfants, un City Lauf sur 10 km et un semi-marathon et qui continua le dimanche avec le marathon proprement dit. Toutes ces distances ont leurs adeptes : 650 coureurs étaient attendus au départ du marathon, 420 sur le semi-marathon, 250 sur le 10 Km. Quelques fanatiques (trois Italiens et un Allemand) avaient émis l’intention de courir les trois courses (10 Km, semi-marathon et marathon) ! Voilà, en tout cas, une belle occasion de passer un week-end course à pied et dépaysement en famille avec au menu un plat pour chacun selon son appétit.

L’organisation de l’événement est bien rodée puisque c’était la quatorzième édition du marathon et s’avéra irréprochable. Le droit d’inscription comprenait une puce électronique à usage unique, un bon pour la pasta party, un T-shirt fonctionnel, une médaille et un diplôme. Les dossards étaient distribués dans une tente (érigée pour la circonstance sur un parking public en plein air à proximité du départ et de l’arrivée dans le centre-ville) le samedi de 10 à 18 heures 30 ainsi que le dimanche de 6 heures jusqu’à l’heure du départ, 7 heures 30. Parkings, vestiaires, consigne, douches, massages étaient proposés aux participants.

« C’est le matin qui est l’heure favorable pour tout travail, sans exception, travail d’esprit ou travail physique, écrivit Arthur Schopenhauer dans ses Parénèses et maximes, car le matin, c’est la jeunesse du jour : tout y est gai, frais et facile. Nous nous sentons vigoureux et nous disposons de toutes nos facultés. Il ne faut pas l’abréger en se levant tard… » Non seulement il y avait un gros peloton de Schopenhaueriens sur la ligne de départ à 7 heures 30 mais, malgré l’heure matinale, un public de tous âges était bien présent pour les encourager le long du parcours.

Après avoir traversé la ville de Füssen et vous en être éloignés de trois kilomètres, vous ne quittiez plus la campagne, la plaine, les bois ou les bords de trois grands lacs de l’Ostallgäu, joyau de la Bavière, le Hopfensee, le Forggensee et le Schwansee, d’où vous aperceviez les châteaux de Neuschwanstein et Hohenschwangau, hauts-lieux du tourisme en Allemagne, dont le marathon tire son nom (Königsschlösser signifie châteaux royaux).

S’il faisait encore relativement frais avant le départ sur la Kemptenerstrasse, la température ne cessa de monter jusqu’au-delà de 30° C. Des ravitaillements étaient prévus tous les 5 km jusqu’au 15e et par la suite tous les 2,5 km, en eau, à laquelle s’ajoutaient épongeages, boisson isotonique, cola, fruits et barres de céréales au fil des kilomètres. Une seule prise de temps intermédiaire était prévue, à la moitié du parcours.

Les vainqueurs furent allemands : Marco Diehl (M45) en 2:48:40 avec un quart d’heure d’avance sur son plus proche poursuivant et Doris Marquardt (W30) en 3:15:08 avec près de 3 min d’avance sur Anja Jakob (W35). Ce marathon fut toutefois loin d’être une affaire allemande. Le peloton provenait des horizons les plus divers : Pologne, Brésil, Canada, Etats-Unis, République tchèque, Italie, Norvège, Autriche, Suède, Mexique, Suisse, Australie, Hongrie, Grande-Bretagne, Argentine, Russie, Chine, Singapour, Danemark, Roumanie, Inde, France, Afrique du Sud, Hong Kong, Japon et même donc de Belgique, le Belge le plus rapide étant Wim Symoens (M45) en 4:12:18.

532 concurrents furent classés à l’issue du marathon, la Japonaise Ishida Masako (W60) clôturant le défilé en 6:50:02, une minute après une jeune Allemande Marie Wolff (W20) avant-dernière et le Japonais Senda Keizo, antépénultième et 1er en catégorie M75.

Le Königsschlösser Romantik Marathon selon les 5 critères de Marathonien de coeur et d’esprit

Pour les fidèles de cette chronique marathonienne, voici l’évaluation du Königsschlösser Romantik Marathon selon nos traditionnels 5 critères :

Organisation

Vous le lisiez ci-dessus : l’organisation était irréprochable ; en outre, l’accueil était charmant : 20/20.

Parcours

Le Königsschlösser Romantik Marathon se déroula dans une nature verdoyante autour de trois lacs, avec le massif alpin en arrière-plan, et sur un parcours ne présentant aucune difficulté particulière, si ce n’était, dimanche, la chaleur (mais, à un jour près, l’on courait sous une pluie diluvienne et une température réduite de moitié!) : 15/20.

Ambiance

L’Ostallgäu, ce n’est ni Berlin, ni Hambourg : le Königschlösser Romantik Marathon ne traverse pas les artères d’une ville de plusieurs millions d’habitants dont quelques centaines de milliers et jusqu’à un million pour ce qui est de Berlin acclament quelques dizaines de milliers de coureurs. Ici, le marathon s’apparentait plus à une méditation solitaire en mouvement, encore que des binômes et des groupes se formaient pour mieux supporter les kilomètres et la chaleur et bénévoles et spectateurs vous encourageaient avec enthousiasme de leurs auf geht’s : 15/20.

Accessibilité

L’aéroport de Memmingen n’étant plus desservi par des vols à prix réduits au départ de Charleroi, restent la route et le train pour vous rendre à Füssen. La route vous contraint à évaluer l’état d’avancement des travaux de l’A8 Karlsruhe-Stuttgart-Ulm et de mémoire de Marathonien de coeur et d’esprit ils progressent encore moins vite que le chantier perpétuel de l’E411 en Belgique. Bref, évitez de vous y retrouver un vendredi soir quand toute l’Allemagne déménage et vérifiez quand même les horaires des trains. Sur place, vous trouverez des possibilités de séjour pour tous les budgets. 14/20.

Destination

Les Königsschlösser attirent plus d’un million de visiteurs par an et la vieille ville de Füssen, réservée aux piétons et parsemée de terrasses, de restos et de commerces, mérite elle aussi le détour. Et, si tout cela vous laissait de pierre, profitez de ce que les eaux des lacs de la région sont propices à la baignade pour passer une journée de farniente au bord de l’un d’eux en y plongeant de temps à autre pour quelques brasses : 18/20.

Avec un score de 82/100, le Königsschlösser Romantik Marathon obtient la grande distinction.

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