Challenge Delhalle chez les Macralles à Wibrin (06.04.2013)

Wibrin, ce sont Géna et Magonette, les Macralles et la Chouffe. Par quoi commençons-nous ? Ah ! c’était aussi (comment l’eussions-nous oublié?) la quatrième manche du Challenge Delhalle 2013 et – surprise, surprise – « les Chouffettes ».

Trois cent quarante-quatre mètres de dénivelé positif en pleine nature, au coeur de l’Ardenne ! La Baraque de Fraiture, vous situez ? Certes, elle a inspiré au dramaturge flamand Ivan Vrambout une pièce de théâtre, Baraque Frituur, qui immortalise les préjugés réciproques des Flamands et des Wallons. C’est aussi, à 652 m, l’un des points les plus élevés de notre « plat » pays dont le Signal de Botrange, à 694 mètres, est le point culminant, suivi par le Weisser Stein (691 m). Eh bien, dans les Foulées de Géna et Magonette (deux brigands dont le quartier général était sis à Wibrin et qui finirent guillotinés à Liège – chacun sait toute l’admiration que Liège porte à la culture française), c’est dans la direction de la Baraque de Fraiture que vous parcouriez sur des chemins dont certains étaient exceptionnellement ouverts au public, à travers des forêts, sur des plateaux, par des vallées, les dix premiers kilomètres de ladite quatrième manche du Challenge Delhalle 2013. C’est tout dire ou presque de cette somptueuse course au départ de Wibrin, entre La-Roche-en-Ardenne et Houffalize.

3° C dans la vallée des Fées : « le vent souffle sur les plaines, nous jetons un dernier regard sur les femmes et notre domaine. Les chefs ne nous ont pas encore donné à tous des gorgées d’hydromel, pour le courage, pour pas qu’il y ait de faille, pour rester grands et fiers quand nous serons dans la bataille, mais nous espérons tous être dignes de la tribu… » Avec 3° C dans la vallée, c’était sûr que la température serait négative trois cents mètres plus haut, sinon, comment eussions-nous donc couru quelques kilomètres dans la neige ? Des ravitaillements en eau (en bouteilles individuelles, bravo et merci !), boisson énergétique, oranges et pain d’épice étaient prévus au km 4,5 et 8,5 mais ce n’était qu’au km 12,5 que s’y ajoutait l’hydromel local, la Chouffe (originaire de Wibrin bien que désormais propriété de la Brasserie Duvel-Moorgat).

Si vous suivez toujours – pas facile sur un terrain un peu gras et tortueux comme cette épreuve du Challenge Delhalle, entre le sommet du dixième et le tréfonds du douzième kilomètre « où l’on voyait ses frères tomber l’un après l’autre et qu’au bout de la vallée l’on entendait le son d’une corne » –, vous situez à présent Géna et Magonette et la Chouffe dans le folklore de Wibrin ainsi que le rapport avec la course de samedi et vous aurez même peut-être reconnu quelques paroles, librement adaptées aux circonstances, de la Tribu de Dana de Manau. (Dans le cas contraire, relisez et appliquez-vous !)

Pourquoi la Tribu de Dana ? Ah ! Ici, cela devient réservé aux plus malins d’entre vous. (Pour les autres, c’est « merci, bonsoir. Vous pouvez dès à présent retourner vaquer à vos occupations habituelles ».)

A Wibrin, nous étions les hôtes de l’ASBL « Le Réveil des Macralles ». Nous étions à proximité du Val de Salm (« Vielsalm »), dont l’étymologie proviendrait de l’allemand « Salm » (saumon, ce qui expliquerait les armoiries de la ville) ou du celtique « salwa » (noir, brouillé, ce qui explique la suite). En effet, ces terres boisées, traversées par rivières et ruisseaux et parsemées de rochers, abritent les Neurès Bièsses, les Macralles, qui, le 20 juillet de chaque année, entourant leur chef, le Neûr Bo (le « bouc noir », le diable), célèbrent un sabbat dans la clairière des rochers du Tiennemesse. Elles ne s’étaient pas privées, samedi, de joncher le parcours de quelques sorts maléfiques sous formes d’embûches diverses.

Et, c’est sans doute pour s’assurer du réveil complet des Macralles qu’après qu’elles eussent, entre autres, entonné la Tribu de Dana (ah! voilà pourquoi!) de Manau, Delilah de Tom Jones et une interprétation très personnelle et intéressante de Help des Beatles et alors que le public réclamait « Une autre ! Une autre ! » avant de déclarer victoire (« On a gagné ! On a gagné ! »), « Les Chouffettes » se lancèrent dans Du hast de Rammstein :

Du
Du hast
Du hast mich
Du
Du hast
Du hast mich
Du
Du hast
Du hast mich
Du
Du hast
Du hast mich
Du
Du hast
Du hast mich
Du hast mich
Du hast mich gefragt
Du hast mich gefragt
Und ich hab nichts gesagt
Willst du bis der Tod euch scheide
Treu ihr sein für alle Tage
Ja
Nein
Ja
Nein

Ja, nein ? Pas sûr que vous vous y attendiez à celle-là! Génial, le Challenge Delhalle chez les Macralles ! On en redemande. On en eût même failli oublier de citer le vainqueur : Jérémy Demars, 56 min 55 s pour les 15,3 km (soit une moyenne de plus de 16km/h). Professeur d’éducation physique dans les écoles d’Attert, triathlète depuis deux ans et affilié au BATIFER Triathlon Saint-Hubert, il consacre une dizaine d’heures par semaine à l’entraînement, dont trois à la course à pied. C’est sa première victoire sur le Challenge Delhalle après une sixième place à Bousval. Le parcours boueux, vallonné, pas trop rapide, lui convenait et, lui aussi, n’avait que des éloges pour la qualité de l’organisation.

Et Marathonien de coeur et d’esprit, vous interrogez-vous? Samedi, il a sacrifié ses chances de faire au moins cinq places de mieux dans sa catégorie à guider le chef de la tribu Mystère et lui permettre de prendre le train à l’heure pour rejoindre cinq fées Mystères sur le mur au Marathon de Paris. Elles s’en sont apparemment acquittées plus aisément que le Gouvernement français ne se dépatouille lui-même de ses propres difficultés médiatico-politico-financières. Pour plus d’aventures, idées et conseils marathons (Paris, Rome, Berlin, Madrid, etc.) et joggings, commandez le livre Marathonien de coeur et d’esprit sur ce site en cliquant sur le lien – 12,50 € frais d’envoi compris à l’adresse de votre choix..

Tagué avec: ,
Posté dans Accomplissement de soi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*