Challenge Delhalle à Louette-Saint-Pierre – L’Ardennaise (26.07.2014)

L’Ardennaise, « un parcours de trail », « une ambiance de fête », « la course qui dure 24 heures » : miroir, suis-je la plus belle ?

Votre auteur marathonien préféré vous racontait dans son livre Marathonien de coeur et d’esprit que c’est par l’Ardennaise qu’il découvrit le Challenge Delhalle en 1996 et, depuis cette 15e édition, rares furent celles qu’il manqua. Pourtant, au fil des années, l’Ardennaise a évolué dans un sens qui ne fait pas nécessairement l’unanimité, en particulier, comme le fit remarquer Raymond Rasquin, à 86 ans le patriarche du peloton (3:06:59 et 9e en vétérans 4), pour ceux dont les chevilles ont souffert.

A l’époque, l’Ardennaise se présentait comme une boucle essentiellement en forêt (« routes asphaltées 4 km, chemins forestiers et sentiers, 16 km ») dont l’ascension de la Croix Scaille constituait le moment fort et restait à la portée de tout coureur du Challenge Delhalle que seule la Matchette, le petit raidillon à 500 m de l’arrivée, était susceptible de faire grimacer. Hilaire N’Tirampeba, un spécialiste du 3000 m steeple, s’était imposé sur une distance de 20,5 km en 1:04:44 et Nelly Aerts, en 1:20:34 chez les femmes. L’auteur de ces lignes avait mis 1:45:56 et s’était classé 604e au scratch…

A ceux qui, à l’issue de cette 33e édition, étaient d’avis que le peloton avait vieilli et courait moins vite, il convient de rappeler qu’il y a près de vingt ans (« quand on aime, on a toujours 20 ans… » répondait Jules au juge dans les Elucubrations d’Antoine – « Oh, yeah » !), le peloton se décantait sur les trois premiers kilomètres de tarmac avant qu’il ne s’élançât en bon ordre dans les bois et que l’ascension de la Croix Scaille, dont la difficulté paraissait se suffire à elle-même, se faisait par des chemins de terre stabilisés.

Désormais, 200 m après le départ, l’on bifurque à gauche sur un chemin herbu relativement étroit avant même que chacun n’ait trouvé dans le peloton le rang qui lui revienne et, dans le bois de Corai et par-delà le ruisseau de Barbais, ça sillonne, ça bourdonne, ça vallonne, ça tâtonne, ça papillonne, ça vermillonne, ça ronchonne parfois, ça gobichonne beaucoup dans un havre de verdure et jusqu’au pied de l’ascension de la Croix Scaille qui débutait par ce que l’on appela des escaliers, un mur ou un truc pas possible selon son humeur et sa condition. « As-tu aimé ? » demanda Stéphane Henry, l’une des deux chevilles ouvrières de l’organisation (l’on parlera de l’inénarrable, l’inextinguible Jean-Noël Moreau plus loin…) : « Stéphane, j’avoue : follement ! » et, pourtant, comme d’autres, résistons à ce que par effet de mode l’on ne transformât tous les joggings en trails. L’Ardennaise est unique, pardonnons-lui.

« Monsieur et Madame Ardennaise » 2014 furent Alexander Diaz Rodriguez (1:19:26) et Sabine Froment (1:31:14). Le coureur brugeois s’alignait pour la troisième fois au départ de cette course qu’il avait déjà remportée il y a deux ans et qu’il estime « pas facile ». Il y accompagnait son beau-père, Frans Van Nevel (2e V3 – 1:43:18), un fidèle du Challenge Delhalle. « Nous étions trois jusqu’à la première difficulté, deux par la suite et ce n’est qu’au 14e km que j’ai pu prendre de l’avance », racontait le lauréat, heureux de sa victoire après avoir été contraint à une longue période d’inactivité. Anthony Pochet se classa deuxième en 1:20:03.

L’Ardennaise (21,2 km, renseignement pris à source autorisée, dénivelé positif de 536 m) avait attiré 895 inscriptions et réuni 795 partants dont 785 furent classés. Les chiffres étaient de 229 inscrits, 208 partants et 207 classés pour la Mini-Ardennaise sur quelque 8 km avec un dénivelé positif de 190 m, soit plus de 1000 partants au total sur les deux distances.

Et, la course terminée, la fête s’installa au village, sous le chapiteau dressé pour l’occasion devant la salle des Amis de la Croix-Scaille et dans l’ancien presbytère, propriété de Michel et Claire Devriendt qui accueillaient à nouveau, avec générosité et gentillesse, Cépaliens et autres si affinités, célestes ou non, pour un barbecue génialement concocté par Joe Declercq et une nuit sous les étoiles dans leur vaste jardin ombragé. Cela n’avait-il pas un parfum de Levant, ma chère? « Pourtant, écrivait le poète libanais Khalil Gibran, ce qui est intemporel en vous est conscient que la vie est intemporelle. Et sait qu’aujourd’hui, hier n’est déjà plus qu’un souvenir, et demain seulement un rêve que l’on fait aujourd’hui. »

Et, la fête se poursuivit, sur le podium et dans la salle, où certains procédèrent à leurs étirements (à moins qu’il ne s’agissait d’un nouvel échauffement) jusqu’aux balbutiements du jour. Et, champions l’étaient tout autant, ceux qui avaient fait le déplacement (115 km) à vélo à partir du Brabant-Wallon, étaient arrivés un quart d’heure avant le départ de l’Ardennaise, la coururent un peu dans le gaz, comme ils l’avouaient bien volontiers, et entrèrent en pyrolyse dans l’après-course.

Et, à tous ceux qui auraient participé à l’Ardennaise et feindraient d’encore l’ignorer, rappelons que la prochaine course du Challenge Delhalle sera la Descente de la Lesse (Top Lesse sur 21,9 km, Lesse ’13 sur 13,1 km), le 31 août 2014 et que, particularité cette année, il n’y aura pas d’inscription sur place. « Et, si je porte des chemises à fleurs, chantait encore Antoine, c’est que je suis en avance de deux trois longueurs… » Oh, yeah !

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Posté dans Accomplissement de soi

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